/

Business model de la profession

Innover pour fidéliser et recruter des talents

Alors que les cabinets d’expertise comptable sont confrontés à des difficultés d’attractivité et de turnover, Christophe Lefèvre, expert-comptable chez Actiexpert à Lyon, a repensé son mode de recrutement afin de contrer ces problématiques. Deux actions innovantes ressortent. La première relève de l’opportunité saisie en plein vol. Le professionnel lyonnais de 55 ans s’est associé il y a trois ans à un cabinet de recrutement.

L’objectif : avoir la mainmise sur les meilleurs profils et les nouveaux talents à intégrer dans ses équipes.  « Grâce à ce partenariat, j’ai désormais un panel de candidats intéressants à disposition, ce qui nous privilégie par rapport aux concurrents. En contrepartie, je peux conseiller mes clients qui souffrent également de pénurie de main-d’œuvre en les renvoyant vers cet interlocuteur de confiance. C’est une aide précieuse que je recommande aux confrères, en ces temps difficiles pour dénicher des personnes qualifiées », analyse-t-il.

Les étudiants, vivier d’opportunités

Passé de deux collaborateurs en 2005, au lancement de sa structure, à près d’une quarantaine aujourd’hui, Christophe Lefèvre s’efforce de conserver ses effectifs malgré la conjoncture actuelle, en misant sur les étudiants. « Plusieurs de nos alternants nous ont fait part de leur épanouissement en cabinet, ils découvraient ainsi l’amplitude et la variété des mission, ce qu’ils ne touchaient pas forcément du doigt avant de l’intégrer”. Certains nous ont d’ailleurs demandé de les embaucher tout de suite en CDI à plein temps. C’est ce que nous avons fait tout en leur laissant du temps pour réviser en dehors de la forte saison », relate-t-il. Résultat : parmi les trois étudiants qui ont accepté, l’une d’entre eux est aujourd’hui cheffe de mission, alors qu’elle était, il y a plus de trois ans, en échec scolaire. L’un est parti pour des raisons personnelles après dix ans d’exercice au sein du cabinet. Et la dernière étudiante, arrivée en juin 2023, a signé son CDI en novembre. « Ils mettent un peu de temps à obtenir leur diplôme, mais ils apprennent bien plus vite en cabinet et de façon concrète. Nous pouvons toujours adapter le planning et la charge de travail en accord avec le jeune. C’est une très bonne option que l’on privilégie désormais. »