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Capitaliser sur les savoirs du cabinet

Le savoir intrinsèque d’un cabinet et ses valeurs constituent une richesse à exploiter. Il importe de les transmettre à chaque arrivée de nouveau collaborateur et de les préserver à chaque départ. Durant toute sa présence au sein du cabinet, le collaborateur doit pouvoir s’appuyer sur ce savoir et ces valeurs, tout en l’enrichissant des siens. Un subtil sujet de management…

« Le savoir fait partie des richesses du cabinet. Celui-ci doit être capable de capitaliser sur ce savoir et surtout de le faire vivre. » Aurélien Denis, cofondateur de Pairenne, centre de digital learning à Lyon, pose le décor. La valeur ajoutée d’un cabinet, et finalement de toute entreprise, repose à la fois dans son approche technique et technologique, et dans sa façon d’être. Entretenir cet actif immatériel passe souvent par la formation et des pratiques managériales en résonance avec ces savoirs intrinsèques. Le turnover, naturel dans toute entreprise, nécessite de mettre en place des procédures pour que le savoir ne file pas avec le salarié qui part et qu’il se transmette dans les meilleures conditions à celui qui arrive.

L’arrivée d’un collaborateur
Le parcours d’intégration est capital. D’abord, pour signifier à l’arrivant que l’équipe est heureuse de l’accueillir. Et pour fournir les informations nécessaires pour transformer une période d’essai en succès. « Tout se joue dans ces premières semaines, assure Aurélien Denis. Le cabinet prévoit un parcours de formation type pour l’accueil d’un nouveau collaborateur : bureau, ordinateur et codes d’accès fonctionnels ; plages horaires déf inies avec le N+1, la DRH, le service technique… ; un parrain ou une marraine, volontaire, qui va accompagner les premiers pas du nouvel arrivant, au moment du déjeuner par exemple, et parler de la vie du cabinet. Des modules d’e-learning peuvent être proposés. Mais la relation humaine traduira la bienveillance du cabinet. » Bien accueillir un collaborateur, c’est lui transmettre les savoirs du cabinet et lui permettre de les enrichir de ses propres compétences.

Être attentif aux salariés en place
Si le savoir d’un cabinet résulte des compétences et des axes déployés par ses associés, les compétences de ses collaborateurs y contribuent également. Être attentif à la circulation des informations, à la capacité des managers à emporter leur équipe dans le développement du cabinet et au transfert des savoirs reste la clé du management d’une entreprise. « La technique ne fait pas tout ! La montée en compétences émane de méthodes variées : “je te montre et tu vas faire” ; “je te laisse faire et je regarde où tu en es” ; “échangeons par le questionnement pour que tu trouves la réponse”. » Connaître les forces de chacun permet aussi de fidéliser un collaborateur et de lui proposer des évolutions professionnelles avant qu’il ne décide de quitter le cabinet. « Un manager doit aussi être attentif au salarié qui ne dit rien, alerte Aurélien Denis. Une posture valable de la même manière auprès d’un client qui ne se manifeste pas. »

Et quand un salarié s’en va…
« Un collaborateur qui quitte le cabinet est potentiellement un savoir qui s’en va. Si les process et les outils pour conserver les savoirs ont été mis en place, pas de problème. La continuité s’opère au bénéfice du cabinet, de ses clients et de ses collaborateurs », résume Aurélien Denis. Le cabinet doit cependant veiller à ce qu’un départ se fasse dans les meilleures conditions. « Interrogeons celui qui part sur ce qui aurait pu être mieux fait. Et n’oublions pas qu’un collaborateur qui s’en va est peut-être une future recrue, qui reviendra au cabinet et qui en connaît parfaitement les rouages. »