Les candidats aux prochaines élections municipales ont l’obligation de confier à un expert-comptable la présentation de leurs comptes de campagne. Cette mission particulière demande de se former et, idéalement, d’être démarrée au plus tôt pour apporter les meilleurs conseils possibles.
Le 22 mai 2026 au plus tard, tous les comptes de campagne des candidats aux élections municipales – et métropolitaines pour les grandes agglomérations – devront être déposés, soit dix semaines après le premier tour des élections, qui aura lieu le dimanche 15 mars. « Ce sont des missions exceptionnelles, rythmées par les échéances électorales, mais qui nécessitent une formation sur les spécificités des comptes de campagne et d’y dédier des équipes en cabinet car le laps de temps est très court », témoigne Patrick Velay, pilote du groupe de travail « comptes de campagne » au Conseil national de l’Ordre des experts-comptables, et habitué à traiter ces dossiers.
Au moment des élections, une foultitude de micropartis se crée, notamment pour récolter des dons et soutenir les campagnes des candidats. Cette période est propice à un accroissement des missions d’expertise comptable et de commissariat aux comptes à la fois sur les partis et sur les comptes de campagne pour les plus de 5 000 candidats aux élections municipales concernés par cette obligation.
Vigilance
« Dans le cadre d’une campagne électorale aux municipales, les experts-comptables vont se voir confier une mission de mise en état d’examen des comptes de campagne des candidats se présentant dans les communes de plus de 9 000 habitants, explique Patrick Velay. Plus tôt l’expert-comptable sera désigné, mieux il pourra conseiller le candidat sur les spécificités à bien respecter. » Car il n’est pas rare de croiser des candidats qui s’inquiètent du sujet… après le premier tour de l’élection.
La particularité de la mission exige une formation de l’expert-comptable en amont pour bien appréhender les règles qui s’appliquent à la vie politique. « Le concours des experts-comptables à la production des documents comptables doit certes permettre au candidat de se faire rembourser sa campagne, mais surtout de ne pas le mettre en défaut et de le rendre inéligible. » Les conséquences de l’intervention de l’expert-comptable pour les candidats sont donc bien réelles.
Pour cette mission « qui change de l’ordinaire, mais qui n’est pas extraordinaire », l’expert-comptable dialogue avec le candidat et son mandataire financier. La vigilance reste le mot d’ordre. « Nos interlocuteurs ne sont parfois pas issus du monde de la comptabilité ou des finances, assure Patrick Velay. Nous devons redoubler de vigilance, respecter parfaitement la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme, et faire en sorte que toutes les informations financières sont bien prises en compte pour répondre aux exigences de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP). »
Pour Patrick Velay, « le conseil le plus important est certainement de dire aux mandataires financiers de prendre connaissance du Guide à l’usage des candidats aux élections et de leur mandataire ». De plus, en 2026, la loi PLM (Paris, Lyon, Marseille) apporte nouveautés et interrogations. « Les experts-comptables doivent s’emparer de cette mission qui nous a été confiée par la loi et pour laquelle nous échangeons régulièrement avec la CNCCFP. »
Ressources
- Des formations pour les cabinets et leurs collaborateurs seront proposées au niveau national.
- La CNCCFP a édité l’édition 2025-2026 du Guide à l’usage des candidats aux élections et de leur mandataire. Il est téléchargeable sur son site : www.cnccfp.fr
- L’Ordre régional des experts-comptables Auvergne-Rhône-Alpes tient une liste de cabinets d’expertise comptable ouverts à ce type de mission.
- Nous vous invitons également à vous faire recenser sur le site du Conseil national de l’Ordre grâce au lien suivant : https://extranet.experts-comptables.org/document/eff24bf3-84ff-4e07-ab98-6c0bb6239195
