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Facturation électronique : Cap sur la deuxième phase

La première échéance de la facturation électronique franchie, les cabinets d’expertise comptable doivent déjà préparer la suivante et tirer les premiers enseignements de la réforme pour poursuivre leur transformation.

Depuis le 1er septembre 2026, toutes les entreprises françaises doivent être en mesure de recevoir des factures électroniques, tandis que les grandes entreprises et les ETI sont désormais tenues de les émettre sous ce format. Un mois après l’entrée en vigueur de la réforme, deux millions de factures électroniques auraient déjà été échangées, et près de 80 % des clients des cabinets comptables seraient déjà équipés d’une plateforme. « Les chiffres sont encourageants, mais ils sont à relativiser si l’on prend en compte l’ensemble des entreprises assujetties à l’obligation. Le taux est bien plus faible, mais c’est cohérent au vu de certains dirigeants retardataires et des nombreuses microentreprises qui ne sont pas accompagnées », analyse Laurence Biboud, vice-présidente de l’Ordre des experts-comptables Auvergne-Rhône-Alpes. Ce démarrage s’inscrit par ailleurs dans la volonté de l’administration fiscale de privilégier l’accompagnement à la sanction. La Direction générale des finances publiques (DGFiP) a ainsi fait preuve de souplesse en annonçant qu’aucune amende ne serait appliquée jusqu’au 31 décembre en cas de non-adhésion à une plateforme. « De nombreux choix ont été réalisés au mois d’août, puis les inscriptions n’ont pas toujours pu être faites immédiatement, avec un annuaire mis à jour en octobre pour un certain nombre de professions », admet l’élue.

La cartographie de la clientèle comme premier réflexe
Si les plateformes agréées semblent encore en rodage, les cabinets comptables commencent, eux aussi, à trouver leur rythme. Pour l’heure, ils ne constatent pas encore « un flux exceptionnel de factures électroniques ». Une situation appelée à évoluer à l’approche du 1er septembre 2027, date de l’entrée en vigueur de la deuxième phase de la réforme qui généralisera l’obligation d’émission aux PME, TPE et microentreprises. Les cabinets doivent donc d’ores et déjà préparer cette échéance. « La première étape est de dresser une cartographie précise de la clientèle, selon la taille de l’entreprise et son régime fiscal, son activité, sa typologie de facturation, le volume de factures émises ou encore les logiciels de facturation et de comptabilité utilisés », insiste Laurence Biboud. L’objectif étant « d’accompagner le client dans le choix de sa plateforme et des outils les plus adaptés à son activité ».

Le renouveau du rôle des collaborateurs
La réforme devrait également transformer le quotidien des collaborateurs en cabinet. Le métier évoluera progressivement d’une logique de saisie vers une posture davantage tournée vers le contrôle, l’analyse et l’accompagnement, au cœur de la gestion des flux du client. « Les collaborateurs vont pouvoir récupérer des données et des flux, notamment pour des clients pas encore informatisés. On aura la possibilité de récupérer plus facilement les écritures de ventes et de caisse, parce qu’on aura en face des logiciels qui permettront au client de respecter ses obligations déclaratives plus facilement. Durant cette phase, la réforme devient un véritable levier pour faire évoluer la relation client et développer les missions de conseil. »