Jean-Baptiste Meley fait partie des dix associés du cabinet Axens qui emploie 120 collaborateurs sur quatre sites. Le cabinet prépare le passage à la facturation électronique depuis 2022.
Comment avez-vous abordé la réforme de la facturation électronique ?
« Le sujet n’est évidemment pas nouveau. Dès 2022, avant le report de la réforme, nous avons sourcé et décortiqué toutes les informations réglementaires pour informer nos collaborateurs. Le travail a d’ailleurs été mutualisé avec d’autres cabinets d’expertise comptable du réseau auquel appartient Axens.
Qu’avez-vous mis en place en interne ?
Un groupe de travail a été créé pour analyser la réforme, déterminer la typologie de nos clients qui seront concernés, à quelles échéances et comment. Une segmentation fine de notre portefeuille clients, pour analyser la taille de l’entreprise, son secteur d’activité et les missions qu’elle confiait à Axens, a permis de déterminer les actions à proposer à chacun d’entre eux. Ce groupe de travail a également fait un état des lieux des modifications à prévoir pour notre organisation interne et pour les pratiques de nos clients. Il est composé d’un collaborateur pour chacun
de nos sites et de la personne chargée de notre propre comptabilité.
Avez-vous dû modifier votre système informatique ?
Nous avons questionné de nouveau notre éditeur quant à sa pertinence et son efficacité pour englober nos clients. Notre outil informatique est aujourd’hui mieux adapté à la réforme. Les prochaines modifications permettront d’intégrer l’accélération des flux et un glissement vers des interventions proactives.
Comment avez-vous communiqué avec vos clients, notamment sur la plateforme, un choix stratégique ?
Déjà, nous avons dû nous adapter face aux modifications du fonctionnement des plateformes. À l’origine, la plateforme de l’État devait répondre à une couverture fonctionnelle plus large que ce qu’elle va intégrer in fine et sans coût pour nos clients. L’ouverture du marché à des acteurs privés change la donne quant à la stratégie. La segmentation opérée en amont par notre groupe de travail visait notamment à avoir les meilleures informations pour préconiser la plateforme agréée la plus fluide possible avec le système de notre client et le nôtre. La communication a été large et fréquente : webinaires, conférences, mails, articles… À l’approche de l’échéance, les échanges sont personnalisés par des rendez-vous physiques ou téléphoniques. Nous avons profité de la formalité liée au mandat opt-in (contrat qui permet à une entreprise de désigner son expert-comptable pour choisir sa plateforme agréée, NDLR) pour aborder le sujet avec nos clients, les éclairer sur le fonctionnement de la réforme et les rassurer quant aux choix à opérer.
Facturez-vous la mise en place de la facturation électronique ?
Nous nous sommes légitimement posé la question. Axens a choisi de procéder par gratuité pour l’inscription à la plateforme que nous conseillons à nos clients. Nous partons du principe que nous devons une veille réglementaire à nos clients. La réforme de la facturation électronique en fait
partie. Cependant, un budget d’intervention opérationnelle est prévu, s’ils le souhaitent, pour la migration des données ou les paramétrages.
Quels points positifs relevez-vous dans ce changement ?
L’ADN d’Axens réside dans l’accompagnement du dirigeant et de son entreprise. Notre stratégie propose des réponses à des besoins bien au-delà de la comptabilité. Nous avons conscience que notre métier bouge fortement. Répondre à un besoin pur de sécurité fiscale, sociale et juridique n’est pas l’alpha et l’oméga, c’est un prérequis. La réforme est l’opportunité d’engager nos clients dans le pilotage de leur entreprise. Nous avons hâte d’être pleinement embarqués dans ce changement ! »
